Dole (39100)
- Musée des Beaux-Arts
Du Samedi 06/12/2025 au Dimanche 29/03/2026
Qu'est-ce qu'une copie ?
Un faux ? Rarement. Une imitation ? Parfois. Une interprétation ? Le plus souvent. La copie en art est la reproduction plus ou moins fidèle d'une oeuvre d'art originale (peinture, sculpture, dessin etc.), souvent par un artiste autre que l'auteur initial mais parfois par l'artiste lui-même (copie autographe).
Ces copies peuvent être d'une qualité variable et d'un rapport plus ou moins distancié avec l'oeuvre originale. La copie se distingue du faux, qui est une imitation d'une oeuvre ou du style d'un artiste réalisée dans une intention frauduleuse.
Pourquoi copier ?
Contrairement à sa perception moderne, souvent négative car associée au manque d'originalité ou au faux, la copie fut pendant des siècles un élément essentiel pour la création, l'enseignement et la diffusion artistique.
L'apprentissage artistique a longtemps été basé sur la copie des maîtres anciens, pour s'approprier leurs techniques, leurs compositions, leurs façons d'utiliser la lumière ou la couleur. Le premier rôle des musées, quand ils se développent au 19e siècle, est d'offrir aux jeunes artistes des modèles à copier. Avant la photographie, la copie peinte ou sculptée était le seul moyen de diffuser l'image d'un chef-d'oeuvre. La gravure, quand elle apparait à la fin du 15e siècle, ne permet que des reproductions en noir et blanc. La copie rendait alors accessible des oeuvres qui ne l'étaient pas, car conservées dans des pays lointains ou dans des collections privées.
L'artiste peut aussi réaliser une copie pour rendre hommage à un maître, ou pour l'intégrer dans sa propre réflexion, offrant parfois une interprétation ou un détournement de cette oeuvre. Certains artistes sont connus pour avoir copié de grands maîtres dans leur jeunesse : Rubens a copié les peintres vénitiens de la Renaissance ; il a à son tour été copié au début du 19e siècle par le jeune Delacroix. Van Gogh a fait de même avec des artistes japonais comme Hiroshige, Marcel Duchamp a mis des moustaches et une barbichette à la Joconde…
Depuis quand ?
La pratique de la copie est attestée depuis l'Antiquité. La plupart des sculptures grecques, souvent en bronze, ont disparu et ne sont connues que par des copies romaines en marbre. Á la Renaissance, les artistes voyagent à Rome pour dessiner et copier les vestiges des monuments et les sculptures antiques, qui deviennent pour eux les modèles à suivre, une forme d'idéal. Sous Louis XIV, Colbert impose aux pensionnaires de l'Académie royale de peinture et de sculpture à Rome l'obligation de copier des chefs-d'oeuvre antiques ou modernes et de les envoyer à Paris.
Au 19e siècle, avec la création des musées publics, la copie acquiert un rôle de diffusion nationale.
L'État commande des copies de chefs-d'oeuvre pour les musées de province ou pour décorer des édifices publics. On crée à cet effet des ateliers de copistes et de moulage (Louvre, Versailles, école des Beaux-Arts). L'art de copier s'institutionnalise, avec l'éphémère musée des Copies, inauguré à Paris en 1873, puis avec le Musée national des monuments français, ouvert en 1882 au palais du Trocadéro, qui connut un réel succès. Le musée existe d'ailleurs toujours. Riche d'environ six mille moulages de sculptures, de copies de peintures murales et de maquettes d'architecture, il présente au visiteur les oeuvres monumentales les plus célèbres de France : portail roman de Moissac, sculptures de la cathédrale de Reims, vitraux de Chartres…
Après son succès au 19e siècle, la copie en tant que méthode d'enseignement décline fortement au début du 20e siècle face à la valorisation de l'expression personnelle, du style unique et de l'originalité. Ce qui est copié est dévalorisé.
Pour autant, la copie ne disparaît pas. Paradoxalement, la période contemporaine est aussi celle qui permet aux artistes de reproduire le plus facilement leurs oeuvres : lithographie, sérigraphie…
Les jeunes artistes aiment à se mesurer aux maîtres anciens, en les adaptant à leur style ou à des préoccupations contemporaines. Pablo Picasso a ainsi créé des séries entières de variations ("d'après") sur des maîtres comme Vélasquez (Les Ménines) et Manet (Le Déjeuner sur l'herbe), transformant la copie en une expérimentation de formes.
Cette évolution peut aller plus loin, jusqu'au détournement. L'artiste ne cherche plus la fidélité, mais utilise l'image comme matière première. Il se l'approprie et l'utilise pour un usage ou une représentation différents de l'usage ou la représentation d'origine. Le détournement va donc plus loin que la copie dans le rapport à l'original en lui donnant une autre dimension. C'est un acte de création.
Participant à cet engouement, le musée des Beaux-Arts de Dole organise d'ailleurs chaque année une Nuit des copistes qui attire artistes amateurs et professionnels. L'exposition s'organise autour de plusieurs sections où se mêlent oeuvres anciennes et contemporaines, copies et originaux.
Vernissage de l'exposition le samedi 6 décembre 2025 à 11h
Autour de l'exposition :
Toutes les activités culturelles et artistiques du musée sont gratuites sauf indication contraire.
Jeudis de l'exposition :
- Jeudi 4 décembre à 20h
Cinémusée en partenariat avec CinéMJC au Majestic Rive Gauche avec la projection du film La Venue de l'Avenir de Cédric Klapisch en présence de Cali Berthet, chef peintre pour le cinéma, qui a copié une oeuvre de Claude Monet pour le film.
Tarif adhérent MJC : 6,90€ / autres tarifs sur le site de Majestic
- Jeudi 18 décembre à 18h30
La copie vue par la philosophie, conférence de Stéphane Haslé, philosophe.
- Jeudi 8 janvier à 18h30
Atelier papiers découpés à la manière d'Henri Matisse par Pauline Aghaei Mazaheri.
Sur réservation. Atelier tous publics (les enfants sont les bienvenus à partir de 6 ans mais doivent être accompagnés d'un adulte).
- Jeudi 22 janvier à 18h30
Découverte de l'exposition en compagnie de Sébastien Sévery, commissaire de l'exposition et directeur du musée.
- Jeudi 26 février à 20h
Cinémusée en partenariat avec CinéMJC au Majestic Rive Gauche avec la projection du film
Copyright Van Gogh de Yu Haibo et Yu Kiki Tianqi.
Tarif adhérent MJC : 6,90€ / autres tarifs sur le site de Majestic
- Jeudi 5 mars à 18h30
Conférence d'Émy Faivre, doctorante à l'université Marie et Louis Pasteur, sur les plâtres de l'école des Beaux-Arts de Dole.
Visites guidées :
Les dimanches 14 décembre 2025, 11 et 25 janvier, 8 et 22 février, 8, 22 et 29 mars 2026.
+ d'infos :
Musée des Beaux-Arts
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